Jérémie Bennequin

benneuquin

C’est comme un rituel. Méthodique, réfléchi. Chaque jour Benjamin Bennequin efface des mots.

Pas les siens, ce serait trop facile. Ceux des écrivains qu’il admire, adule, dévore. Des pages entières de Proust effacés à la simple gomme d’écolier et ce qui était poussière redevient poussière (et boule) de gomme. Et peu à peu les milliers de page de la Recherche disparaissent dans un autodafé sans flammes.

Travail paradoxale de dés-écriture automatique où l’hommage s’efface au profit du gommage et devient : ommage.

Ainsi, avec méthode et détermination, l’artiste réduit au silence les envolées lyriques de Mallarmé et fait disparaître corps et âme, à grands coups de gomme – quelle arme de destruction simple et redoutable – le poème Un coup de dés n’abolira jamais le hasard dans des séances publiques de dé-composition dont le public se rend complice plus que témoin.

Vaste champs de ruines que ces mots sans phrases, ces lettres sans jambages et sans boucles, ces pages désespérément vides. Des pages blanches qui ne finissent par ne parler que de fin à venir, de censure, de devoir de mémoire, de mort et de nuit au blanc certes éclatant.

http://jbennequin.canalblog.com/

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